LUNA, the Shadow Dust, est un jeu vidéo point and click de puzzle et d’aventure réalisé par Lantern Studio et sorti en février 2020.

Acceptez la part d’ombre qui sommeille en vous et laissez-vous emporter par le charme de ce titre, vous n’en serez que plus radieux.

LUNA, the Shadow Dust, © Lantern Studio

Ce jeu est beau. Les images parlent d’elles-mêmes tant les illustrations sont magnifiques, on pourrait passer de longues minutes à en admirer tous les détails. On sent un véritable travail d’orfèvre derrière ce jeu, avec notamment une animation entièrement réalisée à la main qui lui confère un charme certain.

On suit le voyage d’un petit garçon qui pénètre dans une étrange tour et doit en atteindre le sommet. Chaque salle comporte un puzzle qu’il faut résoudre pour accéder à la suivante, donnant au jeu des allures d’une succession d’escape room. Rapidement, on rencontre un curieux familier qui nous accompagnera pendant le reste du trajet. Les puzzles gagnent alors en complexité puisqu’on peut contrôler alternativement les deux personnages, chacun ayant ses spécificités. La difficulté croissante est plutôt bien gérée et on se retrouve rarement bloqué. Les mécaniques se renouvellent à chaque pièce, et font intervenir des décors toujours plus somptueux, mais aussi parfois quelques séquences qui feront sans aucun doute sourire voire rire le joueur derrière son écran.

Le jeu, derrière son aspect enchanteur et bienveillant, peut toutefois se révéler plus sombre dans certains passages. L’histoire est entièrement narrée au travers de cinématiques prenantes et de l’ascension progressive de la tour. Raconter une histoire sans user de mots est une tâche difficile, et quelques aspects peuvent rester confus une fois l’expérience achevée, mais le jeu réussit tout de même à nous suggérer efficacement l’aventure de ce petit garçon et de ce familier qui l’accompagne, leur passé et les véritables enjeux de cette montée. Les nombreux détails qui émaillent le décor, souvent attraits à ce qu’on imagine être des représentations mythologiques, sont autant d’indices à interpréter dans notre quête de compréhension. La cinématique de la fin cachée dévoile quelques derniers éléments qui donnent un peu plus de corps à l’univers dépeint et alimentent d’autant plus notre réflexion.

Tout le jeu part d’un constat simple : allumer une lumière crée une ombre. De cette brique fondamentale, symbolisée par l’objet de la lanterne, part toute une méditation sur la complémentarité de ces deux aspects. Ainsi, on s’interroge sur des idées d’équilibre plus que de bien et de mal bien tranchés. D’autres problématiques sont également évoquées, telles que celles de l’entraide, du sacrifice, de l’amitié, de l’échec, de la transmission ou encore du caractère cyclique de la vie.

Il est un dernier élément qu’on ne peut ignorer dans ce jeu : sa bande-sonore. Véritablement magistrale, cette OST composée par Wang Qian et Rotem Moav est un pur régal à écouter. L’immersion est totale, dans les salles de puzzle comme dans les cinématiques. Si une grande partie de l’histoire est transmise par les cinématiques, c’est bien l’œuvre des images comme du son. Leur alliage procure bien des frissons et nous fait partager les émotions de ces deux personnages dans leur aventure singulière.

En bref

LUNA, the Shadow Dust est un superbe jeu vidéo animé à la main qui nous fait vivre une grande aventure à travers une succession de puzzles et de cinématiques. Acceptez la part d’ombre qui sommeille en vous et laissez-vous emporter par le charme de ce titre, vous n’en serez que plus radieux.