Colonisation est une série de bandes dessinées éditée par Glénat avec Denis-Pierre Filippi au scénario et Vincenzo Cucca au dessin. La série compte 4 épisodes parus à ce jour et un cinquième est prévu pour février 2021.

Mis en valeur par un superbe dessin, Colonisation monte rapidement en puissance pour nous montrer sa véritable ambition : mettre en scène une intrigue complexe qui nous emmène loin parmi les étoiles et nous fait tourner la tête ; bref, être un grand divertissement de Space Opera. Pour l’instant, c’est parfaitement réussi.

Colonisation © Glénat

En quête des premiers colons

Au XXIIIe siècle et l’humanité a désormais trouvé le chemin des étoiles. Son implantation galactique a cependant bénéficié d’un coup de pouce aussi inattendu que salvateur : la rencontre avec une civilisation extraterrestre bienveillante et technologiquement avancée. Les Atils ont décidé de partager leurs connaissances technologique pour permettre l’expansion de l’humanité et les deux espèces cohabitent pacifiquement.

Nous suivons le personnage de Milla Aygon, membre de l’Agence. Cette institution a pour objectif de retrouver les colons partis avant le premier contact avec les Atils et qui se sont perdus dans l’immensité de l’espace. Avec sa jeune équipe, Milla traque donc les signaux qui pourraient indiquer la présence de nefs abandonnées et se rend sur place en espérant y sauver les premiers colons qui pourraient encore s’y trouver. Ces missions ne sont toutefois pas sans dangers, l’Agence n’est pas la seule à s’intéresser à ces vaisseaux : il faut composer avec la présence des Écumeurs, un groupe de malfrats aux intentions obscures.

Visuellement époustouflant

Quand on ouvre ces albums, on est tout de suite frappé par la beauté du dessin. On est dans l’espace et ça se sent aussitôt, avec parfois des planches à case unique qui nous font pleinement ressentir l’immensité du cosmos. Les paysages stellaires sont réussis et font rêver, ceux sur les planètes visitées le sont encore plus. Vincenzo Cucca arrive à proposer chaque fois des visuels avec leur identité et leur exotisme propres. Les plus réussis sont sans conteste ceux de la planète des Atils dans le tome 3 où la faune est impressionnante de diversité, surplombée par un arbre aussi immense que fascinant. C’est là la grande force de ce récit : le travail de l’illustrateur est parfaitement accompli et nous embarque dans un univers de science-fiction, avec ses planètes variées, ses vaisseaux et ses machines, ses scènes de réalité virtuelle, ses villes impeccables et même ses colonies en ruines. Les planches sont tantôt denses – sans que cela ne gêne à la lisibilité – dans les scènes d’action, tantôt plus épurées pour nous permettre d’admirer l’immensité. L’immersion est totale.

Un Space Opera ambitieux

L’autre versant de ces albums, son histoire, est également à la hauteur. Chaque tome raconte une aventure complète tout en faisant avancer des fils narratifs globaux à la manière des séries télévisées. Chaque épisode nous fait ainsi mieux comprendre l’univers dans lequel on se trouve et nous donne de nouveaux fragments d’une histoire initialement simple mais qui se révèle être bien plus complexe qu’on ne l’imaginait. Les deux premiers tomes nous narrent ainsi les interventions de l’équipe de Milla pour retrouver les premiers colons, lors desquelles les agents se retrouvent souvent confrontés aux Écumeurs.

Ces ennemis apparaissent rapidement plus ambigus que présentés au tout début et découvrir qu’une de ses connaissances en fait partie va inciter Milla à s’interroger et vouloir découvrir le fin mot de cette histoire. Le tome 3 constitue un véritable tournant et donne une nouvelle ampleur au récit. On découvre ainsi que l’Agence, les Écumeurs, et la relation entre humains et Atils posent bien des questions auxquelles les réponses ne sont pas si claires. On a ici tous les ingrédients d’une intrigue géopolitique complexe telle qu’on aime en voir dans un récit de Space Opera, avec ses complots cachés, ses groupes en quête de vérité et sa dose d’émerveillement. Le tome 4 continue sur cette lancée et, bien qu’il calme un peu le rythme, se pose comme un jalon important dans le développement des personnages et annonce une suite explosive. J’attends avec impatience le tome 5 qui devrait amener son nouveau lot de révélations.

En bref

Colonisation est une excellente série de bandes dessinées qui devrait ravir les amoureux de Space Opera. Mis en valeur par un superbe dessin qui nous immerge dans cet univers futuriste, le récit monte rapidement en puissance pour nous montrer sa véritable ambition : mettre en scène une intrigue complexe qui nous emmène loin parmi les étoiles et nous fait tourner la tête ; bref, être un grand divertissement de Space Opera. Pour l’instant, c’est parfaitement réussi.